Mystère à Bordeaux : une cliente décède du botulisme, investigation au Tchin Tchin Wine Bar, les dernières informations dévoilées


#Botulisme à Bordeaux : cliente décédée, contrôle au Tchin Tchin Wine Bar, ce que l’on sait à ce jour

Une personne est morte et huit autres sont hospitalisées au CHU de Bordeaux ce mercredi 13 septembre suite à un « cas collectif » de botulisme. Elles ont toutes dîné au Tchin Tchin Wine Bar à Bordeaux, entre le 4 et le 10 septembre 2023. Les autorités continuent de chercher d’autres clients non identifiés. Ce mercredi 13 septembre, #actuBordeaux fait le point sur l’état actuel de la situation.
11 personnes hospitalisées, une femme de 31 ans décédée

A l’heure où nous écrivons ces lignes, 12 cas de botulisme ont été recensés pour la plupart chez des personnes de nationalité étrangère. Parmi eux, une femme de 32 ans est morte des suites de cette rare infection. Après un séjour à Bordeaux avec son compagnon, où elle avait dîné au bar à vin, la femme était de retour en Ile-de-France. Là-bas, elle s’est rendue aux urgences pour tenter de déceler ce qui n’allait pas, sans succès. Elle est donc rentrée à son domicile, où elle est finalement décédée. Son mari, lui, est toujours hospitalisé en soins intensifs dans le département. Huit autres personnes sont actuellement hospitalisées au CHU de Bordeaux. Sept sont en réanimation dont cinq sous assistance respiratoire. La huitième personne a été placée en soins continus.
Le botulisme, c’est quoi ?

Le botulisme est une infection non-transmissible produite par une bactérie dans des produits alimentaires mal préparés. Elle se libère ensuite dans l’organisme et peut « bloquer la conduction nerveuse et entrainer des paralysies, notamment respiratoires », explique Benjamin Clouzeau, médecin réanimateur. Elle peut conduire « les patients à être parfois sous assistance respiratoire de façon prolongée ». Le botulisme est « extrêmement rare, historiquement connu mais la maladie avait quasiment disparu ». Il existe un antidote qui peut s’avérer crucial lorsque l’intoxication est encore précoce.

Des conserves de sardines fabriquées par le gérant

Les premières victimes de l’épidémie ont été contaminées le 4 septembre après avoir mangé au Tchin Tchin Wine Bar, situé rue Emile Duployé derrière l’église Saint-Pierre. Il est « très prisé de la clientèle anglo-saxonne », selon la Direction générale de la santé (DGS). Tout au long de la semaine, les clients ont continué d’y affluer. Ils ont été contaminés par des conserves de sardines fabriquées artisanalement par le gérant.

« Le restaurateur lui-même a confirmé qu’à l’ouverture des bocaux, il y avait une mauvaise odeur et l’absence de vide », souligne Thierry Touzet, directeur adjoint de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Il a d’ailleurs jeté quelques boites… avant d’en servir d’autres. « Il avait un mode opératoire très artisanal, la fabrication de conserves n’était pas maitrisée », confirme Thierry Touzet. En tout, neuf bocaux de quatre sardines ont été servis entre le 4 et le 10 septembre.

Les aliments encore servis le lendemain du premier cas aux urgences

Ce n’est que le samedi 9 septembre que la première personne atteinte de botulisme s’est présentée aux urgences à Bordeaux. Le problème : « Les symptômes sont difficilement identifiables car ils diffèrent d’un patient à l’autre », explique le médecin réanimateur au CHU de Bordeaux, Benjamin Clouzeau. Quand un patient se présente avec des symptômes qui peuvent se rattacher à plein de maladies neurologiques graves et beaucoup plus fréquentes, il faut pouvoir confirmer le diagnostic.

Des cas de botulisme se multiplient

Mais le dimanche 10 septembre, « un deuxième patient atteint » se présente aux urgences. Son cas permet aux professionnels de santé de faire le lien avec la première patiente. C’est à ce moment-là qu’ils envoient une alerte à l’ARS. Depuis, les cas se multiplient. Ils pourraient continuer de se manifester jusqu’au week-end des 16 et 17 septembre, fin de la période d’incubation de l’infection.

Retrouver les personnes atteintes

Désormais, l’enjeu pour les autorités est de retrouver les personnes potentiellement atteintes de botulisme. En tout, elles pourraient être 25, selon leurs estimations. Il faut soustraire à ce chiffre les douze cas déjà avérés. « Nous sommes retournés au restaurant pour récupérer des informations comme les tickets de carte bleue ou la messagerie du bar, afin de contacter les clients », indique Thierry Touzet, directeur adjoint de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Il existe un antidote qui peut sauver des patients au début de l’infection. « Si les patients présentent des symptômes débutants, ils doivent consulter pour bénéficier le plus précocement possible de ce traitement » et éviter cette paralysie potentiellement fatale, précise Benjamin Clouzeau.

Quel avenir pour le Tchin Tchin Wine Bar ?

La DDPP a interdit au gérant du bar à vin de fabriquer et de vendre des conserves artisanales. Il doit aussi effectuer un nettoyage approfondi de son restaurant. Il n’est pas forcé de fermer définitivement car « aucun autre manquement ne justifie la fermeture de l’établissement ». Il serait en mesure de rouvrir après le contrôle de propreté de la DDPP, « mais sans servir de produits faits maison ». Il pourrait cependant faire l’objet de poursuites judiciaires. Le procureur « va être informé de la situation » selon les autorités.

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Le Tchin Tchin Wine Bar a vendu des conserves de sardine artisanales qui ont contaminé au moins douze personnes.
Le Tchin Tchin Wine Bar a vendu des conserves de sardine artisanales qui ont contaminé au moins douze personnes. (©Actu Bordeaux / Anaëlle Montagne)

Une personne est morte et huit autres sont hospitalisées au CHU de Bordeaux ce mercredi 13 septembre suite à un « cas collectif » de botulisme. Elles ont toutes dîné au Tchin Tchin Wine Bar à Bordeaux, entre le 4 et le 10 septembre 2023.

Les autorités continuent de chercher d’autres clients non identifiés. Ce mercredi 13 septembre, actu Bordeaux fait le point sur l’état actuel de la situation.

11 personnes hospitalisées, une femme de 31 ans décédée

A l’heure où nous écrivons ces lignes, 12 cas de botulisme ont été recensés pour la plupart chez des personnes de nationalité étrangère. Parmi eux, une femme de 32 ans est morte des suites de cette rare infection.

Après un séjour à Bordeaux avec son compagnon, où elle avait dîné au bar à vin, la femme était de retour en Ile-de-France. Là-bas, elle s’est rendue aux urgences pour tenter de déceler ce qui n’allait pas, sans succès. Elle est donc rentrée à son domicile, où elle est finalement décédée. Son mari, lui, est toujours hospitalisé en soins intensifs dans le département. 

Huit autres personnes sont actuellement hospitalisées au CHU de Bordeaux. Sept sont en réanimation dont cinq sous assistance respiratoire. La huitième personne a été placée en soins continus. 

Le botulisme, c’est quoi ?

Le botulisme est une infection non-transmissible produite par une bactérie dans des produits alimentaires mal préparés. Elle se libère ensuite dans l’organisme et peut « bloquer la conduction nerveuse et entrainer des paralysies, notamment respiratoires », explique Benjamin Clouzeau, médecin réanimateur. Elle peut conduire « les patients à être parfois sous assistance respiratoire de façon prolongée ».
Le botulisme est « extrêmement rare, historiquement connu mais la maladie avait quasiment disparu ». Il existe un antidote qui peut s’avérer crucial lorsque l’intoxication est encore précoce.

Des conserves de sardines fabriquées par le gérant

Les premières victimes de l’épidémie ont été contaminées le 4 septembre après avoir mangé au Tchin Tchin Wine Bar, situé rue Emile Duployé derrière l’église Saint-Pierre.

Il est « très prisé de la clientèle anglo-saxonne », selon la Direction générale de la santé (DGS). Tout au long de la semaine, les clients ont continué d’y affluer. Ils ont été contaminés par des conserves de sardines fabriquées artisanalement par le gérant.

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« Le restaurateur lui-même a confirmé qu’à l’ouverture des bocaux, il y avait une mauvaise odeur et l’absence de vide », souligne Thierry Touzet, directeur adjoint de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Il a d’ailleurs jeté quelques boites… avant d’en servir d’autres. 

« Il avait un mode opératoire très artisanal, la fabrication de conserves n’était pas maitrisée », confirme Thierry Touzet. En tout, neuf bocaux de quatre sardines ont été servis entre le 4 et le 10 septembre.

Les aliments encore servis le lendemain du premier cas aux urgences

Ce n’est que le samedi 9 septembre que la première personne atteinte de botulisme s’est présentée aux urgences à Bordeaux. Le problème : « Les symptômes sont difficilement identifiables car ils diffèrent d’un patient à l’autre », explique le médecin réanimateur au CHU de Bordeaux, Benjamin Clouzeau.

Quand un patient se présente avec des symptômes qui peuvent se rattacher à plein de maladies neurologiques graves et beaucoup plus fréquentes, il faut pouvoir confirmer le diagnostic.

Benjamin Clouzeaumédecin réanimateur et chef du pôle des spécialités médicales du CHU de Bordeaux

Mais le dimanche 10 septembre, « un deuxième patient atteint » se présente aux urgences. Son cas permet aux professionnels de santé de faire le lien avec la première patiente. C’est à ce moment-là qu’ils envoient une alerte à l’ARS.

Depuis, les cas se multiplient. Ils pourraient continuer de se manifester jusqu’au week-end des 16 et 17 septembre, fin de la période d’incubation de l’infection.

Retrouver les personnes atteintes

Désormais, l’enjeu pour les autorités est de retrouver les personnes potentiellement atteintes de botulisme. En tout, elles pourraient être 25, selon leurs estimations. Il faut soustraire à ce chiffre les douze cas déjà avérés.

Nous sommes retournés au restaurant pour récupérer des informations comme les tickets de carte bleue ou la messagerie du bar, afin de contacter les clients.

Thierry Touzeaudirecteur adjoint de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP)

Il existe un antidote qui peut sauver des patients au début de l’infection. « Si les patients présentent des symptômes débutants, ils doivent consulter pour bénéficier le plus précocement possible de ce traitement » et éviter cette paralysie potentiellement fatale, précise Benjamin Clouzeau. 

Quel avenir pour le Tchin Tchin Wine Bar ?

La DDPP a interdit au gérant du bar à vin de fabriquer et de vendre des conserves artisanales. Il doit aussi effectuer un nettoyage approfondi de son restaurant. Il n’est pas forcé de fermer définitivement car « aucun autre manquement ne justifie la fermeture de l’établissement ». 

Il serait en mesure de rouvrir après le contrôle de propreté de la DDPP, « mais sans servir de produits faits maison ». Il pourrait cependant faire l’objet de poursuites judiciaires. Le procureur « va être informé de la situation » selon les autorités.

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