« Le Changeling : une terrifiante odyssée dans les méandres de la parentalité »


#TheChangeling : une série horrifique sur les terres de la parentalité

Emma et Apollo, un couple éperdument amoureux, décident de se marier et de fonder une famille. Cependant, leur bonheur va rapidement se transformer en cauchemar. « The Changeling », adaptation du roman à succès de Victor LaValle, nous plonge dans une odyssée terrifiante où se mêlent fantasy, horreur et drame familial.

La série, créée par Kelly Marcel, nous entraîne dans un voyage à travers des lieux étranges et familiers, oscillant entre passé et présent, et nous plongeant au cœur des noirceurs de l’âme humaine. En suivant des personnages perdus, déchirés entre leurs projections, leurs émotions et leurs traumatismes, on découvre une histoire intimiste mais époustouflante.

Au centre de l’intrigue, on retrouve Emma et Apollo, deux personnages racisés, confrontés aux difficultés de la parentalité dans une société marquée par la pauvreté et l’exclusion. Leur rencontre atypique leur donne le courage de franchir les étapes imposées par la société : le mariage et l’enfant. Mais c’est à ce moment précis que tout se dérègle, et que la série prend un tournant inattendu.

Sans dévoiler tous les rebondissements de l’intrigue, « The Changeling » s’inscrit dans la lignée des séries introspectives et spectaculaires telles que « Lost », « This Is Us » ou « Servant ». Grâce à la réalisatrice Melina Matsoukas, les scènes dévoilent constamment un double sens, aussi bien visuel que narratif. Cependant, tous les épisodes ne sont pas réalisés par cette talentueuse cinéaste, ce qui peut parfois entraîner l’utilisation excessive de clichés horrifiques et de science-fiction.

Au-delà de son côté angoissant, « The Changeling » explore également des thèmes profonds et universels tels que la parentalité et l’existence d’un être dont on est responsable. La série adopte le point de vue de l’expérience féminine tout en conservant le personnage masculin principal au centre de l’arc narratif. Ce paradoxe est résolu de manière convaincante dans la deuxième partie de la saison, où un imaginaire féministe riche est développé. Les femmes sont présentées comme des « bêtes puissantes » et la vérité sur les sorcières est dévoilée. La série aborde ainsi l’utopie et la création d’un monde idéal. Une question est également posée avec sincérité : « Avez-vous déjà eu la sensation que votre bébé n’était pas vraiment le vôtre ? ». L’amour parental obligatoire a un prix dans « The Changeling », mais la série ne tombe jamais dans le cynisme.

« The Changeling », disponible sur Apple TV+ à partir du 8 septembre, est une série intrigante qui aborde avec subtilité et réalisme les préoccupations contemporaines liées à la parentalité. À la fois horrifique, émouvante et profonde, elle saura captiver un large public. Ne manquez pas cette odyssée terrifiante au cœur de la parentalité.

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Emma et Apollo s’aiment, se marient et ont un enfant. Et là, tout dérape. Conte cruel et introspectif, la série est un reflet des préoccupations contemporaines.

Il y eut d’abord un roman de Victor LaValle, entre la fantasy, l’horreur et le mélo, publié aux États-Unis en 2017 et catapulté dans la liste des best-sellers de Time Magazine – sa première traduction française paraît au mois d’octobre chez ActuSF.

Il y a maintenant la série télé, l’industrie étant plus que jamais à la recherche de voix originales et d’univers cohérents. Créée par Kelly Marcel qui a pris en charge l’adaptation de manière fidèle, The Changeling se traverse d’abord comme une odyssée, un long voyage saturé de lieux tour à tour étranges et familiers, où l’on goûte à des noirceurs diverses en suivant des personnages égarés dans leurs projections, leurs affects et leurs traumas. On croise aussi bien le New York d’il y a cinquante ans que celui d’aujourd’hui, on visite des mondes très différents avec une certaine fluidité, un vrai souffle intime.

Si leur rencontre s’avère atypique, le couple fait ensuite ce que lui dicte la société : se marier et avoir un enfant

Au centre de l’histoire se trouvent un homme et une femme racisé·es, Emma et Apollo, chacun·e envisagé·e à des moments fondateurs de leur existence. Leurs histoires sont chargées en parentalités difficiles, socialement marquées par la pauvreté et l’exclusion. Si leur rencontre s’avère diablement atypique, le couple fait ensuite ce que lui dicte la société : se marier et avoir un enfant. C’est à peu près là que tout dérape. La série déploie son programme dérivatif, qui mène dans des contrées franchement surprenantes.

Sans trop dévoiler une intrigue aux circonvolutions complexes, on dira que The Changeling se situe dans la lignée de séries introspectives et néanmoins spectaculaires, qui irait de Lost à This Is Us, en passant par Servant. Réalisatrice du premier épisode, Melina Matsoukas (clippeuse remarquée grâce à son premier film Queen & Slim, en 2019) a su donner le ton : les scènes semblent constamment dévoiler un double fond, visuel ou narratif. Elle n’a malheureusement pas réalisé tous les épisodes et cela se voit, la série multipliant parfois les tics horrifiques et sci-fi dont elle aurait pu se passer.

Un imaginaire féministe

Car The Changeling raconte au fond une histoire simple et profonde, celle des parents à la fois heureux et démunis face à leurs enfants, pris dans un véritable écartèlement existentiel. Il est question assez vite de sujets très durs comme l’infanticide, mais aussi et surtout de la manière dont un homme et une femme reçoivent, à leurs places respectives, la venue au monde d’un être dont il et elle sont responsables.

La série adopte le point de vue de l’expérience féminine tout en donnant à son personnage masculin principal la place centrale dans l’arc narratif. Un paradoxe qui se résout de façon assez convaincante dans la deuxième partie de saison, où le récit brasse un imaginaire féministe finement tissé. Il est question des femmes comme de “bêtes puissantes” et de la vérité sur les sorcières. On y tutoie l’utopie, sans peur d’aller franchement dans la fabrication d’un monde rêvé. On y voit aussi une femme poser la question suivante, en toute sincérité : “Avez-vous déjà eu la sensation que votre bébé n’était pas vraiment le vôtre ?” L’amour parental obligatoire, ici, a un prix. Une série intrigante, dans le mille des préoccupations contemporaines, mais sans aucun cynisme.

The Changeling de Kelly Marcel, avec Lakeith Stanfield, Adina Porter, Clarck Backo. Sur Apple TV+ à partir du 8 septembre.

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