Un phénomène émergent sur les pages Facebook météo : une hausse surprenante des commentaires climatosceptiques


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Les pages Facebook dédiées à la météo font face à un problème croissant : les commentaires climatosceptiques. Alors que les températures atteignent des sommets lors de la période de canicule, de nombreux internautes remettent en question le changement climatique et tiennent des propos complotistes.

Thomas Blanchard, météorologue à la tête de la page Météo-Alpes, a décidé de fermer les commentaires pendant plusieurs jours, face à l’affluence de ces commentaires agressifs. Il en va de même pour d’autres pages météo telles que Météo Suivi Alsace et Météo Centre, qui ont également choisi de ne plus répondre aux climatosceptiques suite à des insultes et du harcèlement sur les réseaux sociaux.

Romain Weber, responsable de la page Météo Lyon, attire l’attention sur certains commentaires des internautes, notamment ceux qui ont vécu des canicules similaires dans leur enfance et ne se rendent pas compte de l’ampleur de celle-ci. Les plus féroces sont ceux qui remettent tout en question, niant l’existence du réchauffement climatique.

Julien Malaval, responsable de la page Météo 42, déclare qu’ils font beaucoup d’articles pédagogiques pour informer et éduquer les internautes sur les phénomènes météorologiques complexes. Cependant, ces articles attirent souvent les climatosceptiques qui remettent en question les relevés météo, l’existence du réchauffement climatique et affirment que le climat est cyclique.

Face à ces commentaires, les météorologues ont adopté différentes approches. Certains tentent de répondre en expliquant les faits et en citant des sources, mais réalisent rapidement l’inutilité du débat et finissent par bloquer les utilisateurs. D’autres préfèrent fermer les commentaires pour éviter de perdre du temps inutilement.

Certains climatosceptiques s’attaquent également aux auteurs des pages météo, les accusant parfois de travailler pour le FBI ou le gouvernement. Les météorologues soulignent qu’ils ne font que partager leur passion et ne sont en aucun cas impliqués dans un complot international.

Malgré ces défis, les météorologues continuent de partager leur passion et d’informer le public sur les phénomènes météorologiques. Ils espèrent que les commentaires climatosceptiques ne décourageront pas les internautes à s’intéresser à la météo et à prendre conscience des enjeux liés au changement climatique.

Les pages Facebook dédiées à la météo jouent un rôle important dans l’éducation du public sur les phénomènes météorologiques et le changement climatique. Elles permettent de sensibiliser et d’informer les internautes, malgré les obstacles rencontrés. #Éducation #Sensibilisation #Météorologie #ChangementClimatique

« C’était soit ça, soit j’arrêtais complétement ma page Facebook ». En pleine période de canicule la semaine dernière, Thomas Blanchard a décidé de fermer les commentaires sur sa page Météo-Alpes, pendant plusieurs jours. Alors que les températures atteignent des sommets, les commentaires de climatosceptiques affluent. « Cela faisait un bon moment que j’y pensais, c’était devenu très agressif. » Ce météorologue n’est pas le seul à être confronté à des internautes dénialistes et aux propos complotistes. « Ces derniers temps, c’est un peu plus que d’habitude », assure Ilyes Ghouil, météorologue de 20 ans, aux manettes de Météo Franc-Comtoise.

Ces derniers jours, l’association Météo Suivi Alsace, qui tient la page Facebook du même nom, a décidé de ne plus répondre aux internautes tenant des propos climatosceptiques. Insultée et harcelée sur les réseaux sociaux, l’association Météo Centre a aussi choisi de fermer ses commentaires. Comme elles, d’autres pages Facebook dédiées à la météo sont visées par les climatosceptiques.

Des arguments sans preuves

Pendant 15 jours consécutifs, à Lyon, le thermomètre a dépassé les 34 degrés. Sur sa page Facebook Météo Lyon (48.000 abonnés), Romain Weber liste les relevés de températures et certains commentaires retiennent son attention. Il y a « ceux qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent, ceux qui ont la mémoire qui ont un peu flanché. En se rappelant par exemple qu’ils avaient vécu une canicule similaire dans les années 60, dans leur enfance. J’essaie de leur expliquer et de leur dire que c’était une sécheresse. » Mais les internautes les plus féroces sont ceux qui remettent tout en question, « ils restent campés dans leur position, disent que c’est faux, qu’il n’a pas fait si chaud que ça et que l’été est pourri, car il n’y a que deux semaines de chaleur ».

Julien Malaval, à la tête de la page Météo 42 (30.000 abonnés), a constaté « un regain de commentaires climatosceptiques« . « On fait beaucoup d’articles pédagogiques et vulgarisateurs qui permettent aux gens d’en apprendre un peu plus sur les phénomènes complexes atmosphériques et qui touchent à la météorologie », poursuit ce médiateur scientifique. « Dès que l’on a des articles pédagogiques, sur par exemple des formes de nuages assez spécifiques, ou sur les moyennes des températures de ces dix dernières années », dès lors, les commentaires d’internautes climatosceptiques accourent.

Parmi les arguments récurrents des climato-dénialistes : « Ils disent que les relevés météo ne sont pas vrais ou que c’est déjà arrivé par le passé, que les êtres humains n’ont pas de responsabilité là-dedans et que le climat est cyclique », énumère Thomas Blanchard, de la page Météo Alpes.

Bannir pour ne pas perdre de temps

Certes, c’est chronophage, mais Julien Malaval préfère la pédagogie. Quand il scrute les commentaires de sa page Météo42, il cherche d’abord à répondre. « Quand je lis un commentaire climatosceptique, j’envoie ou un deux messages pour réexpliquer, si c’est peine perdue et qu’il est impossible de débattre, je bloque. » Bannir pour ne pas perdre de temps. Julien Malaval cite des études, précise ses sources. Mais ça ne suffit pas.

Ce médiateur scientifique l’a bien compris « il est impossible d’avoir un débat avec ce genre de personnes. Ils n’ont aucun argument, c’est de la perversion ». Bloquer un internaute est la solution de dernier recours, et couper les commentaires, « c’est cacher la poussière sous le tapis », estime Thomas Blanchard, de Météo Alpes. Roman Weber est plus radical : « Avant, je répondais, mais il n’y pas de dialogue. Maintenant, je bannis. C’est la seule solution. Facebook reste gérable, pas Twitter. » Ces météorologues sont unanimes. Twitter est devenu le Far-West, surtout depuis le rachat par Elon Musk. Le réseau social est un terrain de jeu pour ces climato-dénialistes. En début d’année, des chercheurs français ont passé deux ans de messages Twitter au peigne fin, et révélé qu’une importante communauté climato-sceptique s’était structurée à l’été 2022 en France sur Twitter.

« On est des passionnés ! »

« Parfois, on m’accuse d’être un peu trop alarmiste », constate Ilyes Ghouil, de Météo Franc-Comtoise, « mais je réponds que mes publications sur le climat ne représentent que 1% de mes publications. Le reste, ce sont des prévisions et des photos. Je trouve ça osé.« 

Les commentaires de climatosceptiques ne remettent pas seulement en cause le changement climatique, parfois, ils s’attaquent directement aux auteurs des pages. « On m’a déjà dit que je travaillais pour le FBI ou le gouvernement », se souvient Romain Weber. « Ils peuvent s’attaquer à des pages gouvernementales, car ils n’ont pas confiance, mais pourquoi s’attaquer à nous ? On est des passionnés ! », poursuit le Lyonnais. Thomas Blanchard préfère en sourire : « On est mis dans un immense complot alors qu’on n’a rien à voir là-dedans. »

Le météorologue vient de rouvrir ses commentaires sur la page Météo-Alpes. La neige vient de revenir à plus de 2.000 mètres d’altitude. Comme des abeilles attirées par un pot de miel, des climatosceptiques sont venus réagir : « Ils n’arrivent pas à comprendre que le temps change et que l’on peut passer en montagne d’une période de très forte chaleur à une période beaucoup plus fraîche. »


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